Fibromyalgie, quels impacts sur la sexualité ?

Longtemps ignorée, voire négligée par le corps médical, la fibromyalgie est aujourd’hui une maladie reconnue qui conjugue plusieurs symptômes. Elle se manifeste par des douleurs diffuses de la tête aux pieds, au niveau du cou, des lombaires, des épaules, des cuisses, des genoux, et par des contractures musculaires. Une souffrance persistante, qui touche plus de 2 % de la population et à 90 % les femmes. Elle est généralement accompagnée d’une fatigue intense dès le réveil, de troubles récurrents du sommeil, d’une perte de concentration et de mémoire, d’un état dépressif réactionnel.

Des raisons enfouies ?

En l’absence de causes organiques, la fibromyalgie est difficile à diagnostiquer, et souvent associée à des causes psychologiques. Pourtant, des causes physiologiques constituent aujourd’hui des pistes d’explications : hypersensibilité à la douleur due à la perturbation de certains neuromédiateurs, anomalie du système immunitaire, altération du système hormonal… Reste que la fibromyalgie se déclenche aussi chez des personnes anxieuses, émotives, mais non déprimées, ou lors d’un traumatisme physique ou psychologique. Certaines auraient même, pendant leur enfance ou leur adolescence, subi une négligence affective, une maltraitance ou une agression sexuelle qu’elles auraient occultée pendant de longues années.

Les répercussions dans le couple

En conséquence, beaucoup de femmes vont réduire ou arrêter les rapports intimes, simplement parce qu’elles ont peur d’avoir mal. Mais aussi parce que leur état de fatigue, un mal-être physique et émotionnel, agit sur leur libido. D’autres inconvénients tels que l’absence de lubrification faute de désir ou encore l’hypersensibilité de la peau n’aident pas non plus à un rapprochement tactile. Les antidépresseurs qui peuvent être prescrits ont une action sur la douleur chronique, mais participent aussi à la baisse du désir féminin, de même que les anxiolytiques ou des antalgiques majeurs de type Tramadol®. Ce qui risque forcément de créer des tensions au sein du couple, celles-ci accentuant l’anxiété comme les douleurs.

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Quelles solutions ?

Parfois, une prise en charge psychothérapeutique s’impose pour rechercher ce que signifient ces douleurs et les surmonter. Des séances de rééducation chez un kinésithérapeute peuvent également être prescrites afin de détendre et de renforcer les muscles, notamment ceux des abdominaux et du périnée. Des solutions existent, encore faut-il en parler à son médecin et à son conjoint.

La sexualité, le meilleur médicament ?

Les thérapeutes savent que favoriser un retour à une vie sexuelle épanouie compte dans la diminution des symptômes. Faire l’amour contribue à la détente musculaire, améliore le moral et apaise les souffrances physiques par la libération des médiateurs comme la sérotonine et les endorphines. A condition bien sûr de prendre quelques précautions, d’éviter les mouvements brusques, de favoriser les préliminaires et de privilégier les positions dites passives, qui vont respecter la cambrure lombaire : le missionnaire, avec un coussin sous le bas du dos, la levrette, en appui sur les avant-bras, ou encore la posture en cuillère. A la moindre douleur, il est important de communiquer avec son partenaire. Cela évitera de ne pas céder à une politique de l’évitement et permettra de retrouver une sexualité tendre et complice, à son rythme

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